Archives de catégorie : Poèmes

La chute

Il a suffi d’une heure de moins pour que tout bascule,
D’un coup de mâchoire, la nuit a mangé le jour,
Du soleil d’hier à ce plafond sombre qui me pèse,
Regrets de lumières d’été, de sel sec iodé,
Fall, automne, humidité, chute accélérée,
Odeurs d’hiver, le ciel pleure sa boucaille,
Rehausse le col, remise tes habits légers,
La chance d’un foyer où se retirer, où se protéger,
Et, face aux flammes, attendre que la lumière revienne.

Ophélia

Lumière de fin du monde,
Couleurs d’Apocalypse,
Comme au plus jaune de l’hiver,
Quand la tempête de neige crève.
Presque tout est gris,
Ni cauchemars, ni rêves,
Au milieu du jour, les phares allumés.
Oubliés la chaleur et le soleil de Paris,
Sous l’épaule d’Ophélia,
Un monde étrange s’asphyxie,
Que va-t-il arriver ?
Le soleil tente d’apparaître
Grosse boule rouge, exténuée, pâle
Mangée par ce plafond de plomb,
Sans espoir.

Trame

Poème publié, sans cession des droits, chez l’éditeur SHORT-EDITION.COM

Parce qu’après avoir raclé la chair du quotidien,
Desquamé toutes les peaux du contingent,
J’atteins la trame, celle qui me soutient,
Cette passion qui me sous-tend,
Me donne la rage de vivre,
Sans elle, je n’existerais,
Pauvre chose ivre,
Juste enchaînée…
Aimer, aimer,
Me délivre.
Aimer…

Nous valons bien mieux que leur haine 4 : Rhum

Hymne au rhum
Or blanc des Antilles
Sueur des anciens esclaves
Odeur de bagasse, claquement du fouet
Décollement du petit matin
Mémoire trouée, vacille la tête
Pas de gamma GT, neurones grillés
Foie intact, cerveau en vrac
Bouteille translucide de toutes les fêtes
Puissance, radicalité à t’emporter
Peaux métissées, accent mêlés
Musique des regards, éclairs de tendresses
Nous valons bien mieux que leur haine

Nous valons bien mieux que leur haine 3 : Sativa

Hymmne au Sativa
Or vert unissant les cultures
De l’Atlas aux brumes bataves
Applelée de tant de mot doux, mots d’amour
Musique en relief, faim de loup, soif de tout
Partage de sa force et de ses rêves
De main en main, de bouche en bouche
Nos corps s’unissent, je ne sais pas où tu finis
Si tu l’aimes, tu oublieras ta peine
Musique des regards, éclairs de tendresses
Nous valons bien mieux que leur haine

Nous valons bien mieux que leur haine 2 : Vin de noix

Hymne au vin de noix
Or brun remplaçant les cocktails frelatés
Mélanges abrutissants, alliances contre nature
A l’opposé des douceurs de la noix et de la vigne
Harmonie paysanne, savoir-faire ancestral
Ambroisie des fêtes des saisons
Où l’étranger comme le simple sont accueillis
Danses et chants sans fin où la musique est pleine
Jusqu’à l’aube rosissante, nos corps ébahis
Musique des regards, éclairs de tendresses
Nous valons bien mieux que leur haine

Nous valons bien mieux que leur haine 1 : Pastis

Hymne au pastis
Or pâle remplaçant l’absinthe de toutes les folies
J’aime ce mot marseillais qui veut dire « mélange »
En ces temps sombres, j’y voue aussi mon culte
Mélangeons-nous, rois et reines
Du baratin, du slam, de la tchatche, du verbe, de la superbe
Parlons, rions jusqu’à l’aube
Musique des regards, éclairs de tendresses
Nous valons bien mieux que leur haine

Renaissance

Et là seule, les mains crispées, le regard fixe,
Le silence de la machine,
Droit devant dans cette lumière morte,
Déchirure de part en part, desquamée des peaux roides,
Mue morbide accrochée aux lambeaux de sourires,
Griffes des caresses, rages des paroles aimées,
Tout s’enfuit, tout disparait, tout s’effondre,
Juste la force de rester nue,
Au sortir de son ancien rêve,
Être là, respirer, ouvrir les yeux,
Poser les pas dans les couleurs d’un nouveau monde,
Aimer.

Dans ma tête

Poème retenu avec cession des droits par l’éditeur SHORT-EDITION.COM

Je vis dans ma tête,
Je vis dans mes mots,
Je vis dans mes rêves.
Celles et ceux que j’aime,
M’ouvrent des passerelles
Vers leurs univers.
Attentions de la découverte,
Rudesses des souffles,
Des rires et des codes,
Lois exotiques.
Je pose mes pas
Dans les couleurs de l’autre,
Richesses partagées,
Pépites rapportées…
Quand ta porte se ferme,
Absence et douleur,
Retraite difficile
Vers le cocon de l’identité.
L’extérieur n’existe pas.
Je vis dans mes rêves,
Je vis dans mes mots,
Je vis dans ma tête.

Les Amants

Poème retenu avec cession des droits par l’éditeur SHORT-EDITION.COM

Ils courent, ils courent sur le pavé
Sa jupe est courte malgré le froid
Elle l’entraîne de toutes ses forces
Elle si petite et lui si grand.

Ils courent, ils courent sur le pavé
Les rares passants s’écartent
Devant cet étrange attelage
Elle tout devant et lui suivant.

Ils courent, ils courent sur le pavé
Aux lumières des vitrines
Corps attirés mains enlacées
Leurs yeux seuls se caressant.

Ils courent, ils courent sur le pavé
Leur joie rayonne dans la nuit
Juste l’inconnu de l’avenir
Et leurs deux peurs s’amplifiant.

Ils courent, ils courent sur le pavé
La tristesse les enserre
Le sang coule sur sa cuisse
De l’Autre, son unique enfant.

Ils courent, ils courent sur le pavé
Plus rien ne les sépare
Foetus sans vie dans son ventre
Les unit de par son sang.

Ils courent, ils courent sur le pavé
Leurs joues couvertes de larmes
Personne ne les arrêtera
Elle si petite et lui si grand.