Archives de catégorie : Livres édités – La presse

Blog « Y’a d’la joie ! »

Blog « Y’a d’la joie ! – 27 septembre 2018 

La baleine en question, c’est un ancien joueur de rugby revenu au pays et reconverti dans l’ostréiculture, et que l’on retrouve réparti en petit morceaux dans les poches à huîtres de son propre parc. Message ou simple volonté de cacher le corps et que les petits poissons « s’en occupent »?

Enquête policière est en fait menée par le personnage principal de Bruno Perera, qui est tout sauf un policier. Erwann Le Corr mène une étude sur les risques de pollutions au sein des parcs à huîtres. Avec un ostréiculteur, ils découvrent le corps de la Baleine. Très vite Erwann a l’intuition que la mort de l’homme est liée à son engagement pour une culture différente, non industrielle des huîtres. Et non comme on voudrait le faire croire à une sombre affaire liée à la mafia russe.

Mort d’une baleine dans un parc à huîtres: polar écolo en terre (mer?) bretonne

Perera dénonce une utilisation du vivant à des fins mercantiles. Vous avez peut-être déjà entendu parler des huîtres triploïdes, conçues en laboratoire à partir de manipulations génétiques. C’est de cela qu’il est question dans ce polar, de l’opposition entre producteurs d’huîtres dites naturelles et des triploïdes. Perera nous amène à réfléchir à nos modes de production, sur notre propension à vouloir faire toujours plus de fric en assujettissant la nature, en la manipulant allègrement dans des éprouvettes.

Un polar engagé donc, mais pas donneur de leçon, on est plutôt dans la réflexion au côté d’Erwann.

Erwann est très entouré, et Bruno Perera crée des personnages hauts en couleurs. Des femmes fortes, des hommes bien campés, avec tous une « vraie » histoire, pas des traits de caractères grossièrement énoncés « histoire de ».

Surtout, grâce au style de l’auteur, malicieux, avec beaucoup de clins d’oeils comme cet 4X4 CulCul 7 (je vous laisse deviner la marque) et une histoire racontée par Erwann lui-même, j’ai eu l’impression que c’était un ami qui me racontait cette enquête. La fin, pourtant logique, vous cueille.

« Ostréiculture. Un polar dans la mare de la « guerre » des huîtres »

Le Télégramme – 29 août 2018

Pour son quatrième roman, Bruno Perera jette un pavé dans le Golfe… et au-delà ouvrant le débat entre l’ostréiculture naturelle et génétiquement modifiée. (Photo Catherine Lozac’h)

Plus que quelques jours avant le retour des mois en « r » : ceux où l’on peut manger des huîtres. Pourtant combien ont été dégustées sur les terrasses bretonnes cet été ? L’écrivain morbihannais Bruno Perera met les pieds dans le plat et la laitance au menu d’un polar iodé.

Les rapports au sein de l’entreprise ou encore le réchauffement climatique, Bruno Perera aime écrire sur ce qui lui tient à cœur. Plutôt que l’essai, précis mais aride, il a toujours préféré la liberté qu’offre la fiction dans les nouvelles ou le roman. « On transmet plus de choses par des personnages de chair et de sang, par l’émotion », plaide-t-il. Tellement plus que ses sources d’inspiration n’ont pas toujours goûté à sa créativité : il en a fait l’amère expérience il y a 15 ans en perdant son emploi. De quoi devenir prudent, mais pas moins engagé…

Huître ou huître ?

Son quatrième livre met un vrai sujet sur la table : les huîtres. Les «naturelles» d’un côté : celles dont le naissain est né et a été capté en mer. Les «domestiques» de l’autre : celles dont le naissain est créé en écloserie, avec des chromosomes supplémentaires pour qu’elles ne se reproduisent pas et n’aient donc pas cette laitance peu appréciée des consommateurs. Les premières sont parfois élevées à même le sol. Les secondes toujours en poches. « Quand on achète du maïs, on sait s’il est OGM. Quand on achète du saumon, on sait s’il est sauvage ou d’élevage. Quand on achète une huître, on ne sait pas ce qu’on mange ». À la différence du saumon, toutes les huîtres se nourrissent ensuite dans le milieu naturel : il faut donc un œil et un palais d’expert pour les différencier.

Déontologie

Pourquoi cet ingénieur agronome, consultant en développement durable, a soudain pris la plume pour défendre l’huître naturelle ? Comme son personnage principal Erwann, son travail l’a amené à rencontrer plus d’une centaine d’ostréiculteurs en 2008-2009. « Il y a le même enjeu déontologique qu’avec Monsanto. L’ostréiculteur est comme l’agriculteur : il est en train de devenir juste un producteur dans une chaîne », constate aujourd’hui l’écrivain, qui brise « l’omerta » en 300 pages.

Bon polar

« Mort d’une baleine dans un parc à huîtres » est bien une fiction dans un cadre anonyme. Mais on y devine facilement Vannes et il n’y a pas tant de lieux où terre et mer se mêlent… « C’est vrai que c’est une déclaration d’amour au Golfe du Morbihan, à la moto, à des personnes réelles et à la nourriture saine », explique l’auteur. Comme c’est un polar, on croise des enquêteurs et des criminels, des bons, des crapules et des victimes du système. « Je n’avais pas envie d’un livre caricatural. Dans la fiction, on peut laisser les personnages prendre corps et vie. Certains se sont imposés… tout comme la fin ». Si le lecteur découvre un métier dans tous ses enjeux, il vit aussi un récit bien mené et ancré dans la vie d’aujourd’hui : du SMS aux familles recomposées.

« Dans tout roman, il y a des briques de réalité. La tension qui existe entre les ostréiculteurs en est une », conclut Bruno Perera. Au lecteur-consommateur de voir après digestion ce qu’il fait de ce petit pavé dans la mare ostréicole.

Le Télégramme – 22 mars 2015

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Niveau de la mer. Un mètre de plus en 2100
20150322-Niveau de la mer. Un mètre de plus en 2100-Le Télégramme
Un ruban de chantier court le long des murs des places de la Poissonnerie et du Poids-Public. Une démarche qualifiée d’artistique, hier matin sur le marché, pour matérialiser la hauteur que la mer devrait atteindre lors des grandes marées, dans 85 ans.
Bruno Perera, ingénieur en développement durable, explique la démarche du collectif « Ma rue se mue », dont il fait partie avec une paysagiste, des photographes et des plasticiens. « À l’occasion des grandes marées, nous avons voulu faire prendre conscience aux gens de la hauteur que la mer pourrait atteindre en 2100, à cause du réchauffement climatique. À partir de repères notés par des habitants du quartier, nous savons jusqu’où l’eau est déjà montée à cet endroit. Jusqu’à 40 à 45 cm dans la galerie des Funambules, place de la Poissonnerie. À partir de là, nous avons mesuré 1 m de plus, qui est la projection la plus basse envisagée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La hausse sera entre 1 et 3 mètres ».
Ralentir le phénomène et s’adapter
« Désormais, à condition qu’il y ait une prise de conscience, on peut  envisager de ralentir l’effet si on prend des mesures pour limiter le réchauffement climatique. Mais si on reste dans le déni, on ne pourra pas lutter contre la montée du niveau de la mer, il faudra donc s’adapter », ajoute Bruno Perera. Hier matin, la très grande majorité des commerçants du quartier et ceux du marché ont adhéré à l’opération et répondu aux questions des clients qui s’interrogeaient sur la présence du ruban le long des murs. Un ruban déroulé par le collectif « Ma rue qui mue », dont l’objectif est de faire de l’art dans les rues pour permettre aux habitants de se réapproprier cet espace public.
En dédicace avec Laurent Labeyrie
Bruno Perera a écrit « Hors Saisons », un livre de nouvelles sur le changement sous toutes ses formes. Le samedi 11 avril, il sera en dédicace avec l’océanographe Laurent Labeyrie (*), qui a participé aux rapports du GIEC et qui a écrit « Submersion ? comment gérer la montée des mers » aux éditions Odile Jacob. Une rencontre avec le public qui aura lieu à la librairie L’Archipel des Mots, place du Général-de-Gaulle, de 15 h à 19 h.
(*) Lire l’interview de Laurent Labeyrie en dernière page du Télégramme d’hier.

Le Télégramme – 13 mars 2015

Livre. « HorLogo - Le Télégrammes saisons » : l’étrange 15 août de Bruno Perera
En littérature, si le récit de vie a explosé, le roman reste le genre roi. Bruno Perera a, lui, choisi un drôle d’hybride et un point de vue particulier pour parler des sujets qui lui tiennent aux tripes.

Bruno Perera vient de publier un troisième ouvrage : « Hors saisons ».  Un hybride entre le recueil de nouvelles, dont il a la forme, et le roman, car un fil rouge et un même personnage traversent tout le livre. Comme le film « Smoking, no smoking » d’Alain Resnais, l’auteur morbihannais s’est lui aussi lancé dans une variation… mais littéraire et climatique. Autour de la blague bien connue « En Bretagne, y’a deux saisons, l’hiver et le 15 août », il a débridé sa plume pour neuf histoires.
Karnak
Après avoir changé plusieurs fois de milieux et de métiers, Bruno  Perera a créé un bureau d’études en développement durable et solidaire il y a une dizaine d’années. Mais douze ans après son deuxième roman, (« Petits meurtres entre associés » qui lui avait coûté un licenciement), l’envie d’écrire lui a vraiment démangé la plume. « On est beaucoup dans le déni, dans la résignation sur le
changement climatique et la situation politique. Je ne voulais pas tenir un colloque, ni écrire un essai… ». Alors celui qui rêverait d’être écrivain à temps plein a cherché un personnage qui pourrait prendre
la parole. Il a trouvé Karnak : un homme gris, presque minéral, tellement immobile qu’on lui a donné un surnom de monolithe. Un SDF, que les gens ne voient pas, mais qui a le temps de penser, installé sous son DAB (distributeur automatique de billets). « C’est celui qui est le plus directement touché par les changements climatiques et le plus libre de parler puisqu’il n’a rien à perdre ! ».

Y’a plus d’saisons
Quelque part au bord du golfe du Morbihan, Karnak subit un 15 août polaire à cause de l’arrêt du Gulf-Stream, un autre caniculaire, un  autre encore silencieux après une pénurie de pétrole et pourquoi pas révolutionnaire… Page après page, le personnage prend de l’épaisseur tout en gardant une part de mystère. « Je ne voulais pas faire une peinture sociale. Karnak m’a permis un style direct, simple, jouissif car très libre. Et même si les nouvelles sont presqu’aussi délaissées que la poésie, c’est une forme qui évite les longueurs, les fioritures et qui offre de parler de plein de choses à la fois ». Plein de choses qu’il voulait partager, et pas seulement le 15 août…

Mauvais genres – site internet polars – oct 2003

Après alogovoir passé, à Lyon, une soirée très arrosée en compagnie de trois membres du conseil de l’APJ – la compagnie Assurances Probité et Justice -, Elisabeth Saintofer prend le volant, perd le contrôle de son véhicule. réduit en bouillie deux petites soeurs des pauvres et se retrouve dans le coma. Paul Cerezo – surnommé Cerise -, lieutenant à la division criminelle du SRPJ de Lyon, est chargé de l’enquête. Après avoir été une entreprise classique, l’APJ est aujourd’hui régie par des règles bien curieuses. C’est en effet une société autogérée où il n’y a plus guère de hiérarchie, où tout le monde gagne le même salaire et gère seul son secteur. Mais il y a aujourd’hui conflit entre les nostalgiques centralisateurs et les dogmatiques autogestionnaires et rien ne va plus ! Un second membre de la compagnie est assassiné, puis un troisième. D’autres reçoivent des mails incompréhensibles. Dans cet imbroglio, Cerise aura bien du mal à trouver le coupable.

Cinquième titre de la collection « Business Thriller » de Maxima – Laurent du Mesnil Editeur, qui propose des romans à suspense ayant pour cadre le monde professionnel. Cette collection s’adresse tant aux businessmen désireux de lire de bons romans policiers dont l’action se déroule dans un lieu qui leur est familier qu’aux lecteurs de polars souhaitant découvrir le monde des affaires.

Bruno Perera a longtemps travaillé dans les assurances, l’informatique et la communication. Cadre à la Compagnie Française de Défense et de Protection – la CFDP, importante compagnie d’assurances qui a la particularité d’appartenir tant à ses employés qu’à ses clients et dont le PDG change tous les trois ans pour redevenir un simple salarié -, il a été licencié pour faute grave (son sort devrait être prochainement réglé devant le Tribunal des Prud’hommes) au motif qu’il a commis ce roman policier qui constitue, aux yeux de sa direction, une caricature de la société qui l’emploie et de ses salariés.

« Petits Meurtres entre Associés » est effectivement un polar de facture classique qui plonge son lecteur dans le monde des assurances, milieu feutré, discret, très peu voire complètement inconnu du grand public, et décrit une société qui sans doute a été inspirée par la CFDP. Mais ce n’est là qu’un roman, rien de plus, une pure oeuvre de fiction qu’il s’agit de lire en tant que telle ! Car nous avons là un polar original, crédible, cohérent, à la construction habile, bien maîtrisé (rythme rapide, chapitres courts) et au suspense bien entretenu. L’histoire policière et les personnages sont tout droit sortis de l’imagination de l’ auteur. Au cour de l’intrigue : jalousie, rancoeurs tenaces, haine, ambition, course au pouvoir dans une petite société d’assurances qui, au départ, présentait un petit côté soixante-huitard plutôt sympathique avant de devoir s’adapter au monde actuel des affaires. Intrigue et personnages sont intéressants, et personne ne peut rester insensible à l’humour parfois grinçant (cf la mort des religieuses) mais toujours savoureux de Bruno Perera.

Un polar intéressant et distrayant. Vive le business thriller !

Mauvais genres – rade de Brest

Moto magazine n°193 déc 2002/janv 2003

271px-Logo-motomag.svgMotomag n°193 article seul

Sens et suspense

Qui parmi les sympathiques Nez Rouges, les tristes aficionados de la hiérarchie et du profit assassine ses collègues ? Est-ce plutôt l’informaticien aussi génial que cinglé ? Et pourquoi ? C’est dans une peu banale compagnie d’assurances née sous le signe de l’autogestion et générant de louches et de gros profits que Paul Cerezo, alias Cerise, flic de la PJ lyonnaise, va devoir enquêter, suite à un curieux accident de la route. Pas toujours bien vu de ses supérieurs, Cerise est un drôle d’oiseau. Motard en Guzzi 850, anarchiste convaincu, amoureux des belles balades; un personnage superbement humain et sensible, ni superflic, ni looser. ici pas de courses poursuite, de violences superflues ni de coup de feu à tous les coins de rue. On reste dans l’intelligent et le plausible soutenu par une écriture agréable, et le suspense n’en est pas moins prenant.

L’Argus de l’assurance – n°6413 – 13 décembre 2002

argusPORTRAIT : Bruno Perera écrit le livre noir de l’assurance

« Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant pu exister ne serait que pure coïncidence », prévient d’emblée Bruno Perera, auteur de « Petits Meurtres entre associés ».

L’intrigue de ce roman policier ? Dans la Compagnie Assurance Probité & Justice, on ne meurt pas impunément. Le lieutenant de police Paul Cerezo, alias Cerise, en est d’autant plus persuadé que cette société lyonnaise a des règles bien curieuses. Sous prétexte d’autogestion, les associés se sont divisés en factions aux étranges noms de guerre. Entre les nostalgiques de l’idéal libertaire et les tenant de la bonne vieille hiérarchie traditionnelle, la haine est tenace… Flanqué de son adjoint féru d’informatique, Cerise acquiert progressivement la conviction d’avoir affaire à un tueur en série génial…et spécialiste des entreprises. Mais arrivera-t-il à le démasquer avant que tous les Associés y passent ?

Dans la vie, Bruno Perera travaille…dans une société d’assurances. Sourire en coin, il avoue qu’il s’en est largement inspiré pour planter le décor de son polar. Mais les comparaisons s’arrêtent là. L’auteur ne souhaite d’ailleurs pas que le nom de son entreprise soit cité « pour éviter les amalgames ». On est tenté par quelques rapprochements entre Cerise, anarchiste convaincu, et l’auteur. Une fois encore Bruno Perera esquisse un sourire. Il parle volontiers de ses expériences professionnelles passées dans les domaine de l’agriculture, de l’informatique et de l’assurance. Ingénieur agronome de formation, Bruno Perera a fait ses débuts au sein d’une coopérative agricole dans le sud de la France. Peu décidé à se fixer, et encore moins à faire carrière, il a beaucoup voyagé en Afrique, en Iran et au Canada. De ces différents métiers et de ces périples à l’autre bout du monde, il s’est forgé de solides convictions. Il est persuadé, par exemple, que « l’absence de hiérarchie au sein d’une entreprise est source de productivité, parce qu’il n’y a pas de lutte de pouvoir personnelle ». Une organisation qu’il a trouvée au sein de la société d’assurances dans laquelle il travaille et qui lui a paru « extraordinaire » au point de vouloir en faire profiter ses lecteurs. A 45 ans, cet homme du sud, installé aujourd’hui en Bretagne, n’en est pas à son premier coup d’essai, puisqu’il a déjà publié, en 2000, un premier roman policier : « La Marque Brune. » Il aime raconter que pour lui, « l’écriture est une façon de continuer à voyager. » Après « Petits Meurtres entre associés », Bruno Perera n’a d’ailleurs pas l’intention de poser ses valises. Avis aux amateurs.

Marie Cadoux

Tribune de l’assurance – décembre 2002

Logo La tribune de l'assuranceVoici le premier « business thriller » qui se passe dans une compagnie d’assurances lyonnaise, où la lutte pour le pouvoir est telle que les Associés de la société succombent les uns après les autres. L’inspecteur Cerise aura bien du mal à débusquer le coupable. Un ouvrage plein de suspense, pour se détendre un week-end sans quitter le monde de l’assurance.

Liaisons sociales magazine – novembre 2002

thumb.php« ça marche, une société autogérée ? ».

S’il n’est pas spécialiste de l’entreprise, le policier Paul Cerezo va vite le devenir, à mesure que s’accumulent les cadavres chez APJ, une insolente société d’assurances…dépourvue de hiérarchie. De quoi éviter la lutte pour le pouvoir, « consommatrice de temps, d’énergie et donc d’argent » ? Pas sûr : cela semble plutôt attiser les rivalités entre autogestionnaires passionnés et centralisateurs nostalgiques. Dans ce polar bien mené, Bruno Perera évite l’écueil de la technicité (même sur des sujets complexes comme le principe de subsidiarité), mais pas toujours les clichés, tel ce policier qui n’en fait qu’à sa tête…

Mauvais genres – site internet polars – oct 2003

Où il est question dlogoe métissages oubliés…

Méditerranéen émigré en Bretagne, Pascal Peres a été retrouvé en état de bouffées délirantes et on l’a hospitalisé. Son épouse lui apporte ce qu’il a écrit avant sa crise et il se souvient peu à peu de ce qu’il a vécu les six derniers mois. Tout commence le jour où son travail l’amène à se rendre chez un agriculteur, Gérard Le Du, dont l’exploitation se situe entre Le Huelgoat et Brennilis. Arrivé à la ferme, Pascal trouve l’agriculteur à moitié mort, victime, semble-t-il, d’une agression au cours de laquelle on lui a enlevé, sur le haut de la fesse, près du coccyx, un morceau de peau de cinq centimètres de diamètre. De plus, on a placardé sur le mur de l’étable un slogan en breton :  » La Bretagne aux Bretons. Les Arabes dehors « . Très intrigué, Pascal tente de comprendre cette étrange agression. Que viennent faire les Arabes dans cette histoire ? Gérard Le Du ne veut rien dire, ne donne aucune explication. Pascal se lance alors dans des recherches sur le peuplement breton, les Celtes, les invasions… Il sera aidé dans sa quête par Céleste, une sorte de sorcière, et par le père Goulaouic, un missionnaire à la retraite. Cette affaire devient pour lui une véritable obsession. Elle n’est pas sans danger. En effet, Pascal est agressé à son tour, mais son bas du dos n’étant pas entaché d’une marque brune, on le laisse partir en lui conseillant de mettre un terme à ses recherches. Mais Pascal est aussi têtu qu’opiniâtre, et il veut comprendre…

L’intrigue de ce roman est originale et captive le lecteur. Comment, à partir d’une agression, le héros remonte-t-il jusqu’à un très ancien peuplement d’Arabes en Bretagne ? Comment va-t-il découvrir ce que signifie la fameuse marque brune, la marque de la honte, la tache méditerranéenne que portent certains Bretons au teint très mat ? L’auteur a planté son intrigue dans un environnement de haine raciale (les groupuscules fascistes veulent supprimer tous les Bretons « impurs ») et de culture celte. Le roman est très bien construit, ménage la part belle au suspense, mais n’oublie ni le rêve, ni la réalité. Pascal est-il fou ou bien a-t-il vraiment vécu tout ce qu’il raconte ?.. Peut-être l’auteur a-t-il eu connaissance de l’histoire des peuplements de la Bretagne à travers des livres ou des discussions auxquelles il aurait assisté ? Et allez hop ! Il nous sert un petit morceau de bravoure là-dessus, puis un autre sur les druides et la tradition druidique, et encore un autre sur le pèlerinage des sept saints dormants, etc… Cela semble un peu trop plaqué et n’est pas toujours très bien amené, mais ce petit inconvénient est bien mince. Par ailleurs, force est de reconnaître que cet auteur qui n’est pas breton, mais qui vit et travaille en Bretagne depuis près de dix ans, décrit fort bien le Centre Bretagne, les mutations et les contradictions qui y secouent actuellement le monde agricole.

Un livre qui se lit avec le plus grand plaisir… et ce malgré les nombreuses énormes coquilles dont le texte demeure truffé.

« Comités de Lecture Adulte du réseaux brestois des bibliothèques municipales »